Diégèse  vendredi 16 juin 2000



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2000




hier
 
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je me suis levé tôt, quittant avec difficulté ta chambre et toi, dans la chaleur. Je me demande ce que je fais à cette première heure des métros, de la ville qui se prépare à la grande orgie de bruit et d'agitation. Je rentre chez moi dans la brume, avec des images de ton corps qui reviennent dans le demi sommeil. Que fais-tu ? Tu dis que je ne t'aime pas. C'est vrai. Je ne t'aime pas. Je n'aime pas la façon que tu as de surgir quand je ne m'y attends pas, alors que tu me laisses te chercher des heures entières et rentrer seul ensuite, me demandant pourquoi tous ces rendez-vous manquésJe ne sais pas qui tu m'envoies, pour jouer à Proust, pour m'indiquer des rendez vous rares auxquels tu ne viens pas, tu le sais. La façon dont la fatigue m'accompagne n'avait rien de désagréable aujourd'hui. Elle dansait un peu autour de moi à mesure que la marche dans les rues ou que les conversations téléphoniques allaient, venaient, sans moi.
Tu m'écris pour me dire ce que tu fais de tes jours. C'est amusant. Je suis toujours surpris par la feinte des messages. Je suis surpris qu'il faille croire à l'adresse. 
Dans la salle du dernier étage, dans le temps du dernier étage, la parole se déployait sans but. Comme une petite secte artistique, qui parlait de technologies et d'art, sans autre but que la résonance des voix dans la salle, sans autre prix. Après, le corps.