Diégèse  vendredi 23 juin 2000



ce travail est commencé depuis 175 jours et son auteur est en vie depuis 14628 jours (22 x 3 x 23 x 53 jours) 2000




hier
 
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Le dernier jour de la semaine m'a porté sans certitude vers le soir et le sommeil du soir. Le sommeil du soir m'a porté vers le sommeil. Je ne suis que sommeil, des yeux frottés, des yeux sans mémoire, qui sont des guides et qui ne voient plus, qui ne regardent que les paroles dites, que les oreilles manquent à se concentrer.
Tu crois que je ne marche pas avec toi dans la rue car je pense que l'on pourrait te reconnaître. Il paraît que l'on te voit vers Saint-Sulpice, sur une moto, avec un casque. La dernière fois, tu poussais une voiture d'enfant, une poussette.
Quand je vois avec force que tu n'es pas là, que puis-je faire ?

Il me faudrait un peu de calme, un peu de paresse.
Le dernier jour de la semaine m'a porté, vers un soir de vent et de tempête, vers un sommeil de plomb, assez apaisé pour ne plus penser aux papiers qui s'amoncellent et à tout ce qui peut marteler les têtes et les cœurs. 
Tu penses que tu m'as vu. Je sais que tu crois que tu pourrais me tuer. Pourquoi ne pas accepter alors le désir, l'idée que les corps s'enlacent et se serrent, l'idée de sexe aussi que tu as toujours refusée sous des prétextes futiles.
Je ne sais pas ce que tu pensais lorsque j'ai croisé ton ombre tout à l'heure. Tu marmonnais des phrases sans suite, dans une agitation assez inquiétante aussi. Si tu crois que tes folies impressionnent les miennes, si tu crois cela. Comme les porteurs de roses.