Diégèse  samedi 24 juin 2000



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2000




hier
 
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je me suis préparé toute la journée à ta rencontre. J'ai choisi les plus beaux vêtements et les plus sombres aussi pour que la lumière ne s'attache pas à moi, qu'elle ne salisse pas de reflets une rencontre nocturne dense comme l'absence d'étoiles. Tu m'as dit que je ne ressemblais plus au petit prince que tu avais connu. C'est tout ce que tu m'as dit avant de retourner dans la vie de la nuit, dans les pas de ceux qui marchent, dans les rues noires qui t'attendent toujours. Je suis resté sans voix à cette attaque, je suis resté sans larme aussi. J'attendais pourtant avec une impatience dissimulée que tu m'avoues ce que tu me dis à longueur de pages, à longueur de messages, que tu accompagnes une seule fois le mystère. Je ne suis pas allé, encore cette fois, encore une fois, pris de fatigue, dans l'impossibilité même d'imaginer soutenir une conversation, de parler, d'attendre autre chose qu'un geste de sommeil. J'ai dormi toute la journée. Je suis allé dormir dans mon bureau, à ramasser des papiers eux-mêmes ensommeillés par la fin de semaine.
Je crois que tu ne comprends pas ce que procure la fatigue, ce qu'elle dit au corps et à l'imagination. Quand je viens vers toi, dans le jour, je ne suis plus le même le soir, dans la nuit qui ferme mes yeux
Tu me lances de fausses pistes, tu me tournes la tête, tu m'échappes et me reviens. Je ne sais que dire, depuis le premier jour de notre rencontre à la tienne arborée.