Diégèse  lundi 26 juin 2000



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L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Il a fait beau toute la journée et la peine que j'avais pris à me reposer a redonné un peu de couleurs de vie au travail qui se passe tranquille. Que fais-tu de la vie douce ? Que fais-tu de la marche dans les forêts vertes, des courses et de la piscine chantante ? Je ne sais pas si je serais vraiment plus heureux si j'étais moins occupé. Je crois que je pourrais profiter des terrasses de café au soleil, mais quand j'en avais le temps, je ne le faisais pas, Je déteste les terrasses de café. Et si je n'aimais pas non plus le soleil ? J'ai envie d'aller à Venise. C'est encore le charme puissant de la ville qui me marche dans la tête. J'ai envie d'aller là-bas, de me marteler la tête des idées de Venise douces.
La course de ces jours me pèse sur la tête.
Le spectre de la maladie va revenir, je le sais.
Et si l'Orient n'existait plus ? Ce n'était peut-être qu'une invention fascinante, chamarrée, des siècles passés. Et maintenant, les mêmes rues, la même asphalte, les mêmes radios, les mêmes modes, les mêmes néons surtout, qui, uniformes, blanchissent les crépuscules.
Et si l'Orient n'avait jamais existé que dans nos livres, digestion continue d'images vives ? Cet Orient, ce mythe, n'est plus à vivre et il n'y a plus rien à en dire, penser, écrire.
Je suis parti, pourtant, sans espoir. J'ai accepté docilement, sans passion, l'occasion offerte de quitter l'Europe et de m'installer à Alep. J'aurais préféré Istanbul, j'aurais préféré Damas, villes de plus d'éclat, plus turbulentes sans doute. Mais je suis arrivé à Alep, Alep l'Arabe, la Turque, l'Arménienne, musulmane et chrétienne, commerçante.