Diégèse  mercredi 28 juin 2000



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2000




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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Sa maison, le khan el Nahassine, fut construite au XVIème siècle par les Vénitiens pour y abriter leur consulat. Monsieur le Docteur Adolphe Poche, mon voisin et mon patron, est le Consul général honoraire du Royaume de Belgique. Sa maison lui a légué une mémoire sans fin, jamais éteinte et je suis le secrétaire de cette mémoire, le secrétaire du Docteur, le secrétaire du Consul.
Ce n'est sans doute pas l'importance des affaires consulaires belges à Alep qui a conduit le gouvernement de sa Majesté à m'attacher au consulat, plutôt le souhait d'accéder à la demande d'un savant, d'un érudit, dont l'âge ne lui permettait plus, sans fatigue, de continuer ses recherches.
Un matin de septembre 1985, de la porte d'Antioche, à pied, par la travée principale du souk, j'ai rejoint le consulat de Belgique.
Je n'étais ni inquiet, ni très curieux de cette mission sans souci que j'allais accomplir au cœur de la vieille ville. Les instructions de l'Ambassadeur et ma lettre de présentation étaient claires : je devais décharger Monsieur Poche de toute tâche administrative consulaire et me tenir à sa disposition. Quelques visas, quelques dépêches, rien de très important, rien de si important qui pût justifier ma présence à Alep.
Une vieille domestique m'a introduit dans la maison : un couloir, voûté comme celui d'un couvent, sombre, pavé de marbre blanc et noir. Tous les objets qui encombrent ce couloir ne m'étaient pas encore familiers. Ce jour là, je crois que je n'ai retenu que leur accumulation. J'ai marché lentement derrière la vieille qui trottinait courbée en deux. J'avais essuyé mes pieds, elle m'en avait donné l'ordre sec et grincheux.