Diégèse  vendredi 30 juin 2000



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hier
 
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
J'ai gardé un silence embarrassé, cherchant à rassembler ce que je savais d'une ville qui ne m'avait jamais intéressé. Heureusement, il ne m'a posé aucune question sur Saint-Quentin, ni sur Cambrai, ni même sur la Picardie. J'étais belge maintenant et je retournais rarement dans cette région.
"Où comptez-vous habiter ?" m'a-t-il demandé. J'ai cru déceler chez lui un sourire presque espiègle, n'eût-ce été sa très grande retenue.
"Je vais chercher dans les quartiers modernes, près de l'Université."
"Les vieilles pierres ne vous intéressent pas, n'est-ce pas ?"
"Bien au contraire, Monsieur. Mais je pense qu'il sera difficile de trouver dans la vieille ville une maison à louer, meublée, chauffée, calme."
Je me trompais. Il y avait la maison voisine, celle de son défunt frère Rodolphe, que l'on pouvait préparer, arranger... Ce serait trop grand pour moi mais à la fois une expérience si intéressante, si amusante de renouer avec la tradition des agents consulaires. Et pour le travail, ce serait si facile, devoir traverser cette foule du souk chaque matin...
C'est encore la vieille Altié qui m'a accompagné.
"Comme si on avait besoin de ça. Et qui va faire le ménage ? Tous ces étrangers qui fatiguent le Docteur. En tout cas, pas question d'ouvrir la porte du haut tous les jours, il faudra faire le tour par en bas."
Il fallait traverser une grande terrasse ensoleillée, dépasser un puits. J'ai visité, j'ai cédé.