Diégèse  lundi premier mai 2000



ce travail est commencé depuis 122 jours et son auteur est en vie depuis 14575 jours (52 x 11 x 63 jours)
2000

ce qui représente 0,8370% de la vie de l'auteur

hier
 
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passé déjà passé et à venir
C'est la fête du travail et l'on peinerait, dans ce fin fond de Bourgogne, à savoir ce que cela signifie. Devrais-je ou ne devrais-je pas écrire ce travail, cette torture comme le dit l'étymologie ? 
La campagne douce va s'étendre entre les repas arrosés et la sieste dans la chambre fraîche sur le matelas de laine. Je soignerai le rhume attrapé hier dans le train.
Nous sommes rentrés en voiture et, sans rien dire, en passant, j'ai regardé le morceau de bois et le fossé où nous nous étions arrêtés en rentrant de Lyon une fois. Tu étais malade.
C'était la première fois que je te voyais souffrir et j'ai pleuré.
Arrivés à Paris, la fumée des échappements soigne l'allergie des éternuements.
Nous sommes rentrés en voiture et à peine arrivés, tu as appelé. Tu ne savais pas où j'étais, tu te plaignais. Je n'avais rien à dire, rien à promettre, rien. Tu ne savais pas pourquoi tu voulais me parler mais l'envie en était trop forte disais-tu. Je suis las de tes jeux.
Je préfère me rappeler la douceur des collines de vigne, qui se gorgent des premières sèves de printemps. Quand le soleil déclinait, la terre non cultivée est devenue pourpre. Le colza et sa couleur ont changé le paysage de France, ils l'ont éclairci, ravivé, et lui ont donné un air de joyeuse acidité qui aurait marri les écrivains nationalistes.
Je me suis endormi dans la voiture qui me ramenait vers Paris. 
Arrivé, je me suis abruti de médicament contre le rhume et je suis allé dormir, sans attendre que tu appelles. Je le savais.