Diégèse  mardi 2 mai 2000



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hier
 
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passé déjà passé et à venir
Dès le matin, je travaille, j'ai travaillé. Dès le matin. De la fenêtre de la salle de réunion, le jardin du Luxembourg s'étonne d'un matin oisif. Je regarde ceux qui courent et je les envie, me demandant pourquoi je ne suis pas avec eux, et quand ils passent sous les fenêtres, j'ai envie d'applaudir. On plaisante sur les pas des sénateurs avant de rejoindre le Palais Bourbon, sans jardin, en travaux. Le bureau encaustiqué ravive mon allergie. 
Je suis rentré tôt, embrumé de rhume. Je me suis couché dans les rêves de vacances et d'arrêt. Je me suis couché seul, bénissant cette solitude qui évite de partager les miasmes. 
Je ne sais pas ce qui pourrait me sauver.
Je ne t'attends plus.
Je connais de nouveau cette inflammation des bronches qui me renferme à l'intérieur de moi, me fait voir le monde à travers la ouate des yeux qui coulent, des muqueuses des sinus gonflés. 
La journée s'est passée en conversations qui devraient produire des actions mais je sais déjà que nombre de ces mots resteront mots, que la déperdition d'énergie va être immense et qu'à la fin, mon action sur le réel aura été minimeJ'aurai peut-être eu une idée, sans doute, que je n'aurai pas vu venir vraiment et qui m'aura été donnée sur un malentendu. C'est toujours comme ça et il faut laisser faire.
Tu m'as téléphoné pour me convier à une fête. Tu me dis qu'elle est encore secrète, que tu n'en parles pas, que tu ne voudrais pas que cela se sache trop, que tu as peur. Comme tu veux.