Diégèse  mercredi 3 mai 2000



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à venir et déjà passé déjà passé et à venir
Je ne suis pas sorti ce soir. Tu m'avais invité à un spectacle dans une de ces nouvelles salles que tu affectionnes mais je n'ai pas pu supporter l'idée de la fumée et de l'alcool. Je deviens moine, et encore davantage quand je suis enrhumé. 
J'ai encore passé la journée à ce travail dense et rêche qui m'oblige à l'attention, qui me force sans dommage à oublier le temps qui passe
J'ai déjeuné à l'Assemblée, me rappelant le temps où je ne savais pas encore, où je n'avais pas compris que c'était là le dernier endroit où l'on fait de la littérature. Hier, nous étions vingt autour de la table, pour un mot, qu'il fallait enlever, qui était nuisible, nous disait-on, qui allait avoir des conséquences pichrocolines. Il s'agissait du mot "essentiel".
Tu ne l'es pas.
Tu ne te doutais pas que je passais une partie de la soirée en face de chez toi, dans la salle d'exposition de l'éditeur. Il y avait des tableaux et des livres et des amis et du vin blanc, rouge parfois. Après, il y a avait un dîner, comme la dernière fois, comme pour le premier livre.
J'ai passé la journée à tousser, fiévreux parfois, fatigué par la perspective de cette semaine courte et qui n'en finit pas.
Je crains que l'imaginaire ne vienne s'assécher sous la fatigue, chaleur magnifique de l'action.
Mais tu es l'imaginaire définitif, et je ne t'oublie pas. Tu marches dans ta vie, dans la mienne, avec l'altérité, avec des mots qui ne sont pas dits et des gestes qui ne viendront jamais.
J'ai encore reçu un message de toi, et je l'ai perdu dans les limbes informatiques de l'ordinateur.