Diégèse  jeudi 4 mai 2000



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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Toute la journée s'est tendue sur la surprise de ta rencontre le soir à ce dîner qui surplombait Montmartre.
Depuis que je reçois de toi un message téléphonique ou une lettre chaque jour, que tu m'écris des mots anodins, que tu me croises dans la ville, que tu me proposes des rendez-vous culturels et sophistiqués, je me demande ce que tu veux, pourquoi tu changes à ce point, pourquoi tu me proposes le corps de liane, la perspective de l'affrontement des sexes. Tu me troubles.
La journée a été très douce, feutrée par le sirop contre la toux.
J'ai travaillé mignard, dans ce bureau, à faire entrer puis sortir des papiers, à faire marcher les choses, sur la tête des mots précontraints, comme on le dit pour le béton, les constructions de vide.
Il n'y avait aucune surprise à la rencontre ce soir et je n'ai vu ni Montmartre, ni la ville des hauteurs de cet immeuble et de cet appartement vide. Mon sourire gêné au cours de la conversation a trahi ta présence, ton existence, toi, sans doute, qui étais dans ma vie et que je cachais au détour de mots vides.
Je suis rentré frileux dans le froid et sans la casquette que je porte le plus souvent sur la bicyclette.
Je n'ai pas rappelé pour te dire que j'acceptais d'aller avec toi à ce spectacle de danse. Je n'ai pas encore rappelé comme si je jouais à ce que cela ait une importance pour toi. 
J'ai vu ta silhouette dans la rue tout à l'heure et je me suis dit que tu étais encore juvénile, mais parfois, l'approche est rude et les rides, comme les momies, cèdent.