Diégèse  samedi 6 mai 2000



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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Toute la nuit, la touffeur de ton corps à côté de moi m'a permis de mal dormir. Toute la nuit, j'ai tourné des phrases que je prononcerais, que je n'ai pas prononcées. 
La journée s'est brûlée au ciel bleu, les orages ont blessé les arbres en fleurs. L'année 2000 est une année masochiste pour la nature, elle se flagelle, elle se grêle, elle s'élance et retombe comme les ballets nouveaux qui marchent et puis s'arrêtent dans la brusquerie d'une chute, le corps sanglé, titubé, martelé.
Je ne sais pas comment la journée s'est passée. J'ai déjeuné avec P. et je ne sais plus ce que je lui ai dit. J'ai déjeuné avec P. et je ne sais plus ce que je lui dis. Plusieurs fois, j'ai failli raconter de nouveau des anecdotes et des redites.
Je ne t'attends pas ce soir.
Nous avons fait l'amour comme il se doit, comme on fait l'amour dans des films d'amour, comme une après-midi qui se démange et se déhanche fébrilement. Tu viens me surprendre dans mon sommeil, dans l'humidité de l'orage et le temps te donne raison et l'orage dit qu'il faut faire l'amour. Tu te rappelles Samarcande ? Tu te rappelles la mosquée où tu voulais m'entraîner ? Je n'y suis pas allé.
Comme la nuit venait, je suis parti avec toi à la gare. Tu partais encore à Grenoble et je n'ai pas voulu y aller. Je ne veux plus mettre les pieds au Roméo 3000. Je ne veux plus t'attendre des soirées entières dans les fumées de cigarettes mauvaises sous les regards fixes de tous.
Tu me parles souvent de T., de ses envies et de ses peines. Je n'en sais rien. Il faudra certainement que tu me le présentes. Toi.
Je t'attends ce soir.