Diégèse  lundi 8 mai 2000



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L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Il y avait à la piscine ce matin tout ce que Paris compte de frustrés de soleil et de vacances. Des dames sont venues avec la crème à soleil et son odeur de plage vieille bronzer un peu dans les gaz du périphérique, là, presque au dessus des têtes.
Je suis reparti.
J'ai de nouveau traversé Paris sur les patins en ligne. Les trottoirs n'ont plus de secrets et leurs plaques et leurs grilles et tout ce qui peut faire tomber.
Paris se transforme en piste de ski, et je vois les mêmes godilles que sur les pistes de neige, et les mêmes raideurs. Parfois, soudain, la grâce. Nous n'avons jamais patiné ensemble.
Je ne suis pas allé à la piscine, mais j'ai passé tout le jour en mouvement. Le patin en ligne me donne des sensations d'enfance. Pas des sensations de jeunesse. Je crois que c'est l'attention plus grande que je dois porter aux trottoirs et à toutes leurs aspérités. Je vois le trottoir défiler, les fissures, les trous qu'il faut éviter, les herbes qui poussent en touffes drues. Quand j'étais enfant, je jouais sur le trottoir devant la maison de ma grand-mère, aux billes, je me rappelle un jour, la bille était restée dans la gouttière, avant que la pluie ne la débloque et que l'eau propulsée ne la recrache. J'étais ressorti sous la pluie, malgré l'interdiction, pour l'attendre et la ramasser, mouillée. J'avais l'impression d'avoir fait preuve d'intelligence.