Diégèse  samedi 13 mai 2000



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L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je n'ai pas attendu que tu reviennes de Manille. J'avais cours ce matin et la nuit courte m'embrumait. Je suis allé devant quelques étudiants rescapés de la désorganisation, des examens, de la lassitude et du printemps qui donnait au jardin de l'école un air anglais.
Après ton retour, nous sommes allés dîner sans retour, sans grâce. Tu m'as raconté des exploits imaginaires et j'ai dû avouer que je ne savais pas où se trouvait Manille. Nous n'y sommes jamais allés, n'est-ce pas ? Ta peine à ce moment m'a laissé froid.
Au dessert tu m'as annoncé qu'il faudrait désormais que je t'appelle autrement, que cela aiderait sans doute à calmer les vagues de souvenirs qui m'accompagnent toujours. Je ne t'appellerai plus qu'autrement.
La journée s'est passée ensommeillée. Une fois les cheveux coupés, la peau nettoyée, le corps préparé à la fête, j'ai dormi. Le soir était lourd, le soir était lourd. 
Je suis allé au spectacle, on nous a fait attendre dans les couloirs du sous sol, on nous a mis en caisse et on nous a mis en danse. Les corps se sont enchevêtrés sur la scène et ont roulé ensuite déjà morts vers une fanfare du nord.
Je ne sais pas comment tu peux appeler à l'aide et refuser l'aide apportée. Tu parles de triangle qui se serait formé et tu gardes ce secret dérisoire et masturbatoire. 
Je ne suis pas certain que tu ailles aimer.
Pourquoi n'aimes-tu pas ?