Diégèse  dimanche 14 mai 2000



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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
J'ai passé la journée au soleil. La piscine était découverte et les corps blanchis par tout le froid et l'humidité de l'hiver, humides de l'eau chlorée qu'on leur donne, venaient les uns vers les autres, encore stupéfaits de leur existence les uns pour les autres. Je suis resté allongé, rythmé par les ombres qui passaient au dessus de moi. Je n'ai connu ni conversation ni désir. Je suis ensuite rentré en courant, martelant le sol en bitume des chaussures.
Je ne suis pas certain que c'était toi. Je me dis que je ne te reconnais pas, que je te reconnais jamais, je n'ai pas la chance d'avoir une photo. Tout cela n'est pas certain, pas sûr, je ne sais pas qui tu es.
Le soir, la douceur permettait les espoirs. Je ne les ai pas poussés car la nuit était en sommeil.
J'ai passé la journée en conversations. Tu as dormi chez moi, tu ne pouvais pas rentrer, tu avais perdu tes clés. Je n'ai pas accepté de dormir si près de toi, si proche et dans l'interdiction. J'ai marché la nuit entière et j'ai dormi un peu sur le banc d'un square qui était encore accessible. J'ai travaillé la journée entière, me penchant sur les pages qui parlent aux pages, des liens aux liens, les nôtres dissous.
Je ne sais pas ensuite comment tout cela s'est passé.
J'attends le coup de foudre que tu m'as promis. Ce ne sera pas à Cannes, cette fois ci, m'as-tu dit. Le fil décousu des jours sans travail s'est cassé. J'attends la date prochaine, je ne sais pas ce que j'attends. Le soleil aujourd'hui a proposé au soir une douceur du temps. Je suis rentré avec la musique et le tee shirt flottant sur une bicyclette folle.