Diégèse  mardi 16 mai 2000



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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je me suis laissé prendre au conseil du courrier, aux échanges électroniques de bon matin qui me privent de café et me privent d'aller courir dans le brillant de Poitiers ensoleillé en mai, comme si l'on était encore au printemps, en France, en province, et que l'insouciance était de mise, et la joie.
Je suis arrivé dans la salle pleine, la gorge nouée par ce que je ne voulais pas dire. Je pense qu'à ce moment, je ne voulais pas parler, je ne voulais pas porter de la parole, je voulais rester sans aucun doute muet.
Ce soir, tu m'attendais à la gare, contre toute attente, contre moi, contre ce que je voulais, me forçant à l'amour comme on force une plante.
Je suis revenu de Poitiers en train, à l'écoute dans les oreilles de musique arabe, échangée avec de la musique d'ici. Mais le rythme me prend. Je te vois qui me regarde, à quelques fauteuils de là, pas très loin. Tu vois que je joue à l'électronique, à l'homme électronique et l'on pourrait penser que je vais sortir de la besace qui m'accompagne des objets d'assistance de plus en plus complexes. Tu me regardes parfois presque avec l'angoisse de qui ne comprend pas.
Je ne sens aucune ironie.
Le soir, tu es là, dans le renfrognement qui te sied. Tu me dis que tu changes, mais les mouvements de ton âme ne bougent pas tant. Tu es semblable mais sous un autre mode, comme ces mélodies de Satie, qui changent mais que l'on reconnaît et qui cachent le complexe sous l'apparence anodine.