Diégèse  vendredi 19 mai 2000



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L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je n'imaginais pas cette journée de cette façon. Je n'imaginais pas ton mépris aussi fort, aussi facile et prompt à l'invective. Je ne savais pas que tu avais accumulé ainsi les rancœurs de ces jours avec moi.
Pourtant, dans les rues de Hama, quand le bruit de la grande roue hurle la fin de l'Oronte et des jours de l'Orient, pourtant. Je me rappelle, les jardins et l'odeur de l'estragon. L'enfance. Je me rappelle ta peau. Je me rappelle l'enfance.
Je peux t'appeler, te rappeler qu'il n'est plus nécessaire de me frapper, de m'assaillir.
Mais parfois me vient à l'esprit qu'il ne s'agit peut-être que de vulgarité, de se donner avec bonheur à la chose commune.
Toute cette journée de malentendu.
La journée et la nuit ont été avec toi, données à toi pour toi. Nous sommes repartis dans la buée de la fin d'après-midi, marchant ensemble comme des amoureux, comme des amoureux. 
Avant, c'était l'occupation du temps, et sans résistance et sans aucune distance au temps que je ne connais pas. Mais c'était avant. 
Quand le téléphone a sonné et que tu m'as proposé cette promenade vide dans les jardins, avec toi, dans les jardins français, dans les jardins qui sont sous ta fenêtre, j'ai cru à la plaisanterie des jours. J'ai cru au rendez-vous manqué, à l'attente sur un banc sale, comme eux, comme elles, les perdus.
Je suis allé sans hâte et tu étais là, sans attente et sans hâte. Et nous avons marché, nous avons marché ensemble dans le jardin.