Diégèse  samedi 20 mai 2000



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L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Le samedi est un jour sans travail et je n'ai pas travaillé. La piscine était froide, découverte dans l'air sec et acide et qui s'acidifiait encore à mesure que la température tentait de monter, d'augmenter, de se hausser à une impression de vacance, à un souci de balnéarité.
La station balnéaire était sans aucun doute vide ce samedi de mai. Je ne t'y voyais pas, arpentant des planches disjointes en bois exotique. Je ne te verrai jamais dans la mignardise du bord de mer.

Dans la nuit calme qui tombe sur la piscine maintenant, les lumières ont été allumées. Des serveurs dégrafés apportent des tables et des nappes. On prépare la fête. On prépare le mystère de la nuit alcoolisée.
 
Les jours approchent.
Le samedi est un jour de travail qui n'est pas comme les autres, qui est dans le matin, dans l'après-midi, dans le flou du hors emploi du temps. Penses-tu que tu puisses un jour me croire ?
J'ai marché tout le long du boulevard Saint-Germain ce matin, tôt. Il se jouait là un relent de printemps clair de 1968. Il se jouait là une enfance de lutte calme, un rêve d'été qui viendrait sans examen. Tout le long du boulevard était bordé de jeunes gens posés là, attendant je ne sais quel passage de personnalités. Je passais moi, en attendant, dans le noir du costume et dans le deuil qu'il fallait que je fasse de toi.
J'ai dormi presque tout le jour, me sentant glisser dans le sommeil de l'après-midi blême. J'ai dormi dans la malédiction de la fatigue et dans l'ennui de ton absence définitive.