Diégèse  dimanche 21 mai 2000



ce travail est commencé depuis 142 jours et son auteur est en vie depuis 14595 jours (3 x 5 x 7 x 139 jours) 2000




hier
 
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
J'entends bien le son de liberté des années 70, des chansons des années 70. Hier j'ai entendu Elton John dans le magasin où je faisais les courses. Je suis encore, certainement, dans cette ambiance du boulevard Saint-Germain, ce rêve de jeunesse parisien.
Pour moi, le paysage de jeunesse est un paysage de banlieue, un tissu urbain pleinement asymétrique et aléatoire. Les pavillons en voie de désaffectation ou de réattribution côtoient des entrepôts qui pourraient devenir autre chose. Je t'entends bien, je t'entends comme il faut, comme il se doit. Je ne suis pas retourné à la piscine malgré l'envie que j'en avais. Je ne suis pas allé courir alors que je voulais et que mes pieds voulaient. Mes pieds tremblants sur des jambes vides se sont trouvés sur tes traces. Il me manque le pavé disjoint et poussiéreux de Hama. Que fais-tu ?
J'ai pris un peu de temps pour préparer et publier deux chapitres du conte, le sixième et le septième. Après ces années, j'en trouve encore la prose alerte, vive. La journée s'est passée calme. J'aurais pu aller au spectacle de Fr. "Je pense à toi", dit-il. Tu aurais pu y aller aussi. Le spectacle nous aurait été une médiation, un lien. Je n'y suis pas allé, je ne savais pas vraiment où il se donnait, j'avais effacé le message sur le répondeur téléphonique. Je ne suis pas sorti. J'ai repris le paysage que Fr. avait photographié, pour penser à moi ou pour prendre mon émotion devant ce paysage. Je vais rêver cette nuit d'une messe et d'émotions. J'ai prié en arabe, j'ai prié en français. Dans la cour d'une église aux piliers immenses, colonnes carrées, païennes et polychromes, des religieuses chantaient un hymne apeuré en attendant la fin du monde. Mon cœur battait d'émotion.