Diégèse  lundi 22 mai 2000



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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je me réveille réveillé, je me réveille dans la fraîcheur, rare. J'avais rendez-vous tôt, pour commencer la semaine dans la presse de la semaine et du temps qui passe et qui crie.
J'ai vu dans le jardin que tu marchais au soleil, que tu faisais semblant de regarder le ciel, qu'il ne manquait que les oiseaux dans le paysage faux que tu dessinais.
Tu me reproches de ne rien dire. Je n'ai plus rien à te dire.
Quand tu me vois, je sais que tu ne peux empêcher la crainte. Tu ne peux empêcher que la vie te porte ailleurs.
Je ne sais pas pourquoi la réunion a été annulée. Je suis allé m'asseoir sur le banc sous les arbres, mais tu étais loin, alors.
Quand tu ne sais pas, dis le moi. Je ne t'expliquerai rien.
Je me suis réveillé tôt et tard, tard et tôt, avant que tu ne partes, je suis allé jusqu'à la place de la Nation. J'ai couru là bas autour du rond point m'amusant des voitures qui en sens inverse, s'adonnaient au ballet.
La journée s'est ensuite envolée dans les poussières de papier, dans les poussières de temps et de paroles poussées, agencées, tendues parfois jusqu'à la cassure de la compréhension et de l'intelligence.
En rentrant le soir, je te rencontre. Je pense à toi. Je ne suis pas certain que tu liras ces lignes que je t'offre aujourd'hui. J'ai lu dans tes yeux l'angoisse des mots de l'écrit, des mots posés, de ce travail fou qui consiste à dire l'amour de cette façon incongrue, anodine et grave, tous les jours, parce que je pense à toi, parce que ce sont toujours les rues vierges de la ville qui appellent les mots d'amour.