Diégèse  mercredi 24 mai 2000



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L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je te donne une façade, grise et foncée, derrière laquelle poussent les herbes. Je te la donne à voir et à penser. C'est toi. Le souvenir de toi fait écran au vide, au soleil aussi, à toute la joie qu'il y aurait sans toi, sans la douleur que tu existes et que tu n'existes pas.
Je ne comprends pas pourquoi je ne me révolte pas davantage. Je ne comprends pas.
Je n'ai aucune nouvelles de toi depuis des lustres.
Le pouvoir lustrant de ton âme.
Sinon, les jours se prélassent dans les mots administratifs. Les mots se cuirassent pour ne pas montrer qu'ils divaguent vers toi, jusque dans les recoins de poussière de la langue contrainte par les déclarations de la politique.
Tu sais que je suis avec toi, cependant.
Tu veux venir, tu pleures presque, tu assèches ta voix, tes bonjours, tes au revoir et je suis soumis à ton caprice, à ton bon vouloir.
Tu veux venir alors que tu ne voulais pas. Tu tenais les ponts en partage de moi et puis tu restais dehors, sur le tas de sable que je connais bien, autour duquel j'ai tourné, un soir de tempête.
Peux-tu me dire ce que je donne à ton rêve ? Peux-tu me dire ce que la tempête te donne à lire dans tes rêves ?
Nous avons bu du vin corse, servi avec grâce par des bras doux. Le noir de tes yeux donnait le noir à l'âme, envie de rendez-vous arrêtés et d'amitiés amoureuses.
Tu penses à moi, dis-tu, même en dehors de ce spectacle où tu nies être. Tu y joues pourtant. Et tu ne penses pas à moi. Tu t'émeus à cette idée et tu l'oublies.