Diégèse  samedi 27 mai 2000



ce travail est commencé depuis 148 jours et son auteur est en vie depuis 14601 jours (3 x 31 x 157 jours) 2000




hier
 
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je t'attends dans le bleu nuit de la nuit et tu viens. Tu rejoues le dévoilement dans le halo de lumière crue.
Je t'attends dans le noir, tu touches mes épaules, et à elles tu me reconnais.
Nous sommes dans le salon, F. met ce disque particulier qui nous fait danser ensemble et qui gêne à ce point nos autres amis, les autres.
Ce n'est pas en tourbillonnant que nous avons fait le tour de cette salle. C'est une chanson qui parle d'un lac, mais tu ne le sauras jamais.
Nous avions empêché tout souvenir, bloqués à la porte, il y avait un videur. Mais ensuite, l'alcool les a laissé venir.
Tu me dis que tu ne m'as pas reconnu.
Si tu crois que je vais croire tes balivernes. Je ne sais pas.
Je ne suis pas allé te voir dans la maison d'Asnières. Je n'étais pas certain que tu viennes et je ne savais même pas si tu avais reçu une invitation. Tu voulais peut-être que nous nous arrangions. Ce serait sans compter sur moi, sans compter sur le fil des jours. Je crois que cette écriture-là, celle dont tu dis que depuis longtemps, déjà, elle ne dit plus rien, ne prépare autre chose que ma disparition.
Tu proposes toujours des compromissions.
Je ne suis allé que dans la rue, j'ai regardé les fenêtres allumées. On entendait le bruit de la musique et un instant, j'ai entendu le rire de V., comme à Damas, vide et beau.
Pour vous dire au revoir, j'ai pris, à la gare proche, un train qui passait là et j'ai entrevu une dernière fois le toit de la maison. Comme dans cette nouvelle écrite autrefois, tout cela était insoupçonnable.