à venir et déjà passé déjà passé et à venir
L'allergie au pollen m'a marqué le visage et creusé les yeux jusqu'au soir. J'ai dîné avec J., que j'ai trouvée, au delà de ce qui est dit, amoureuse et amoureuse, sans répit. Nous avons bu du Sancerre blanc, comme quand c'est le printemps, comme au café Marly, quand les jours sont plus légers, quand la vie ne patine pas tant.
Je lui ai donné le reste de mes forces, jusqu'au départ, jusqu'à là bas. Ce sera bien là-bas, dans le départ.
J'ai reçu une carte de P., qui glisse du désir dans le creux des mots. C'était une carte de Tokyo, envoyée de Paris, par la navette administrative et qui évoquait la morale de films pornographiques japonais. C'est aussi une pratique d'écriture gymnique et elle n'était même pas compassée.
Je ne dormirai pas tôt.
Je croise les doigts pour connaître la symphonie que nous allons entendre. Je croise les doigts et mes oreilles ne reconnaissent rien. Aucun des mouvements ne revient à la mémoire. G. me dit que c'est le Titanic, mais c'est toute possibilité d'acquérir une culture classique qui a sombré.
Je reviens à travers la ville, le soir à touristes, juste assez chaud et assez près de vacances pour que, douchés de près, ils arpentent les bords de la Seine. Je reconnais les eaux de toilette, loin, emmêlées, différentes.
J'ai déjà oublié toutes les mesures de la symphonie que nous avons écoutée.
Tu sais que je suis émerveillé de penser que je vais te voir demain, que tu m'attendras dans le wagon de ce train que tu as réservé pour nous
jeudi 25 mai 2000
retour au calendrier
retour à l'accueil
hier
146