Diégèse  mercredi premier mars 2000



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2000

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L'atelier du texte demain





à venir et déjà passé déjà passé et à venir
Notre conversation hier soir a de nouveau marqué notre distance. Si je donne à aimer plus que l'apparence des jours, tu m'arraches et tu m'exténues, tu pousses l'avantage jusqu'à ce que je jette la conversation à terre, que je la refuse et que je la repousse, que je l'élimine. Tu m'as projeté encore dans le désespoir et le creux du lit n'a pas pu accueillir ma peine. Connais-tu quand le corps se dessèche de tristesse dans le lit du soir, quand le sang entier afflue dans la poitrine et retrouve tous les pleurs depuis le premier jour, les pleurs de l'enfance, des morts, des séparations, les fins des films d'amour tristes, toutes ces fictions qui nous préparent à disparaître ? Tu m'as rappelé pour contester notre conversation d'hier soir et j'ai pu enfin remplacer les larmes par la pluie du ciel. Tu sais que tu me manqueras toujours davantage que la vie, que l'amour même.
Toutes les sonneries de téléphone t'annoncent et toutes les voix disent ton nom. Je l'entends en murmure dans le chuintement de la circulation parisienne.
Mais tu ris, incapable de rappeler la gravité de l'amour du premier jour, la gravité d'une accolade et d'un baiser attendus et déjà passés.
Il faut maintenant les négociations iniques de la conversation.
Tu ne m'aimeras jamais.