Diégèse  mercredi 15 mars 2000



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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
C'est encore l'histoire de la fatigue et du champagne. Se mouvoir avec une coupe, mesurer le pétillement d'un regard au travers des bulles qui explosent une à une à l'entrée des yeux et du nez. Se retrouver ensuite proches à l'endroit où l'on sert les canapés. Déplorer que l'on doive rester debout. 
Et puis il y a le cercle magique et proche, les odeurs et le corps prennent le pas sur la conversation. On sait vite comment l'histoire va finir, on le pourrait, le bruit justifie qu'on approche ses lèvres des oreilles. Les bulles chuintent toujours dans le cerveau léger. Les yeux se déplacent vers les lèvres. On le sait.
Mais c'est un fantasme.
Lille, la ville a été maquillée propre pour ressembler à Bruxelles, à une ville du nord, à une image de ville du nord. Je ne savais plus où j'étais.
S. se charge de m'accompagner partout où je dois aller. La politesse est exquise, une politesse qui vient de loin, qui porte les marques de générations de conversations posées et spirituelles dans les patios frais de Lisbonne. Le moment est agréable.
Dans le train, je prépare une courte introduction et je parle de Proust de l'utopie. C'est l'utopie qui est tirée des cartes du sort de la conversation : ce seront les Salines d'Arc-et-Senans et je trouverai peut-être enfin pourquoi, depuis vingt ans, ce lieu m'appelle.