Diégèse  vendredi 24 mars 2000



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hier
 
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Le texte bégaye. Je suis enfin arrivé à Venise. Je tenais bien en main les explications que l'on m'avait données. J'allais prendre le vaporetto seul : la ligne 1 ou 82 vers Rialto. Je me suis appliqué à jouer les touristes inadaptés. Retour à Venise sous la pluie comme on me l'avait annoncé. Le crachin vénitien se moque de mes angoisses et de ma peur. La place Saint Marc et tous les saints ne se souviennent de rien qui puisse concerner mon amour.
Je sais au moins que mon téléphone ne fonctionne pas. Je sais au moins que je ne dois plus me demander où tu es et ce que tu fais mille fois par jour. Je suis à Venise, il paraît que l'on y oublie. J'attends.
Je suis enfin arrivé à Venise et je t'y attends. Venise m'a accueilli vénitienne avec de la brume qui accompagnait les vaporettos, celui de la Poste, un vaporetto camion, le vaporetto ambulance et celui qui porte les poubelles... Toute une ville qui joue au bateau.
J'ai marché un peu dans la ville, attendant l'heure de la conférence, ne sachant plus pourquoi les venelles s'entremêlaient, oubliant ce que je devais oublier, sans impression de solitude.
Tu ne m'as donné aucune consigne et je ne sais pas où aller. Tu aurais dû m'envoyer un message, m'indiquer une nef, une toile, un point de vue mais tu me laisses aux touristes et à leur flux.