Diégèse  dimanche 26 mars 2000



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L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je me suis levé tôt pour marcher jusqu'au Rialto, seul, et m'asseoir un moment au bord du grand canal et attendre qu'il se passe quelque chose.
On a touché mon épaule, tu étais là, dans la brume de tes yeux je pouvais voir la peine que tu me ferais. J'ai eu envie de me jeter à l'eau, de goûter la boue âcre de l'eau de la lagune et de boire enfin l'oubli. J'ai suivi tes pas. Tu m'as conduit jusqu'au pont que tu aimes et nous avons regardé longtemps le soleil éclairer toujours davantage l'île de San Giorgio.
Je t'ai dit quelques mots qui parlaient de ton absence.
J'ai pleuré un peu et nous sommes rentrés.
Tout cela m'a épuisé.
Je ne suis pas certain d'être allé à Venise et d'être passé devant le palais que tu avais occupé lors de ton dernier séjour. Tu m'as montré le Casino me parlant de Wagner et de sa mort, je regardais l'eau du canal et je pensais au retour à Paris, au bitume mouillé près de la gare de Lyon et à l'échappement des voitures et leur tout autre odeur.
J'ai vu que tu pointais ton nez, me proposant du banal et de l'attendu. J'ai vu que tu étais là, à la remorque et à l'attente, me proposant du passé et du souvenir et j'ai opposé à tes souvenirs la vie de Venise, village où l'on marche le soir pour rentrer chez soi, comme avant, comme toujours.