Diégèse  mercredi premier novembre 2000


ce travail est commencé depuis 306 jours et son auteur est en vie depuis 14759 jours (14759 = nombre premier)
2000

ce qui représente 2,0733% de la vie de l'auteur

hier  
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je me suis obligé à aller courir sous la pluie, malgré les doutes je pense que ces bravades ne sont pas inutiles. Je me suis réveillé avec sous les paupières l'inquiétude de la nuit, la marche pesante des jours qui précèdent l'hiver. Les nouvelles sont mauvaises. Le vent a frappé. La tempête n'est pas encore calmée. Il y a deux jours, j'ai pris le métro et c'est la première fois que je le prends pour me sentir en sécurité.
Je lutte contre l'idée de faire venir ton image dans ma mémoire. Je n'y arrive pas toujours. Le cœur me pèse encore et la tempête n'est pas terminée. Tu me dis que je suis là. Je lutte encore. 
Le soir, je suis allé chez G. pour m'absenter de mes textes et de mes images. Je suis passé par le Batofar mais tu n'y étais plus. C'est demain le jour des morts, mais c'est aussi aujourd'hui. Je ne m'y ferai pas.
Je suis sorti tout à l'heure pour voir si Paris sentait l'absence, ton odeur qui manque dans le Faubourg, ton parfum que la boulangère reconnaissait quand tu venais avec moi. Vous sentez bon, disait-elle. La rue est vide. Je sais que je n'y verrai pas aujourd'hui ta silhouette. Tu n'es pas là. Tu m'as parlé au téléphone tout à l'heure. J'entendais du bruit derrière toi, comme un appel à la prière enregistré pour une autre mosquée, la voix qui monte, à se casser, à se briser. Combien de temps supporteras-tu encore de me parler de si loin ?
Mes yeux suivent le long de la rue, ils tournent à droite où tu tournais à droite, ils disent au revoir aussi, et je ferais presque ce geste de la main qui marquait la complicité des jours passés ensemble.
L'absence de ton parfum m'a donné mal à la tête. Je me couche comme on couche un enfant trop nerveux. Je vais m'endormir seul.