Diégèse  samedi 4 novembre 2000


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2000

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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Tu ne me vois pas. Je suis retourné dans ce café en face de chez toi dès que j'ai connu la date de ton passage à Paris. J'ai étudié avec patience les horaires d'avion. J'ai passé la matinée entière derrière les rideaux un peu poisseux du café sans grâce en face de chez toi. Pourrais-tu me dire un jour comment tu fais pour échapper à ma traque et déjouer toutes mes attentesLe ciel était assombri par des nuages que je n'avais jamais vus et le temps s'applique à être un temps de science fiction, de nuées rapides qui cinglent les tours de la ville.
Dans toute la mémoire de notre histoire, tu ne reviens jamais avec la joie, tu reviens avec le désir, avec le plaisir parfois mais jamais avec la joie, un sentiment de bonheur, un étirement doux dans un matin lumineux. Je ne garde plus de toi que des souvenirs déchus.
C'est devenu un rituel. Le samedi, je me mets dans une coque lumineuse pendant vingt minutes. Un ventilateur puissant passe de l'air sur mon corps et évacue la trop grande chaleur qui brûlerait sinon. J'en ressors hagard, la peau qui pique. Je peux ainsi donner le change pendant une semaine entière. Je joue à l'idée qu'il s'agit d'un régénérateur bionique, comme dans l'Homme qui valait trois milliards. Mais je ne vaux que trois milliards de peine, de sentiments inachevés, inaboutis, qui ne mèneront jamais ailleurs qu'à une mort inéluctable. 
La couleur des jours s'efface devant tes mots au téléphone, haletants presque, déçus avant d'avoir espéré. Tout le jour se passe sans que je le remarque vraiment et c'est déjà la nuit que je n'ai pas connu le jour
Je t'embrasserai dans mes rêves, si j'arrive à dormir.