Diégèse  dimanche 5 novembre 2000


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2000




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L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Le matin est venu dans la continuité de la nuit et c'est sans peine que le jour m'a levé, et c'est sans douleur, malgré les courbatures d'un vaccin contre la grippe que l'on m'a fait que je suis allé courir dans les bois, à peine la lumière me permettant d'échapper aux branches mortes au milieu des chemins. J'ai décidé de ne plus penser à toi. J'ai décidé de ne plus rien dire de toi, à toi, pour toi, sans toi, avec toi et toutes les conjonctions et les prépositions grammaticales de cet amour déçu. J'ai décidé de t'expulser de ces mots, et en définitive, de te remplacer par d'autres musiques, par d'autres silences, par des espoirs nouveaux de soleil et de mer. Je ne me demande plus pourquoi tu dors avec ma peine, tu vis avec la douleur de ces jours. Je ne me demande plus pourquoi ta voix me cisaille. Le restaurant, avant la tempête, était fermé et ressemblait à une bande dessinée ou à un film de science-fiction. J'aurais voulu t'y emmener, te donner un air de fête après tout le chemin que tu as fait pour venir à Paris, pour me voir disais-tu.
Alors, nous sommes restés dans le froid de la journée qui attend la tempête. Une nouvelle tempête, qui fait peur et amuse, qui fait craindre le pire et espérer le pire, que le toit s'envole, que l'on s'envole enfin.
Quand nous sommes rentrés dans l'appartement chauffé, tu me disais ta fatigue de ces trajets qui n'en finissent pas, de ces routes que je voudrais connaître et que tu dis connaître trop.
C'est dans cette conversation que la journée s'est éteinte doucement, dans des caresses légères qui n'en finissaient pas.