Diégèse  mercredi 8 novembre 2000


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2000

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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Toute la journée, j'avais décidé de dormir. Dans l'appartement devenu trop petit à cause de ta présence, je me suis réveillé doucement, avec la peur qu'il fasse froid maintenant, pour longtemps, que tu partes et que tu partes encore et que tes bras ne se referment plus que sur d'autres cous et que tes lèvres n'embrassent plus mes lèvres. Je passe en boucle tes souvenirs comme on joue des mélodies plaintives sur le piano désaccordé de la cave, sur le piano douceâtre sur lequel tu jouais quand nous étions enfants, toi et moi et que ce toi me jouait encore de la musique.
J'ai déjeuné dans un endroit où beaucoup voudraient déjeuner, carrelé de blanc, moderne comme la chaîne de télévision qui abrite cette salle à manger en plein ciel. J'ai déjeuné en pensant à toi au milieu des conversations et de ton absence.
Je suis allé à l'opéra. J'ai vu des danseurs et des danseuses et j'ai pu remarquer combien ils se mouvaient, certains seulement, dans un fluide plus dense que nous, que moi et que toi aussi malgré ta grâce et ta souplesse. 
Je suis revenu dans la fatigue de la journée, de la nuit dernière qui marque le visage et qui marque nos conversations aussi.
Tu me reproches de ne pas tout te dire, de ne pas te parler de chair aussi, de ne pas te parler et quand tu me parles au téléphone, je ne crains pas de te dire que je t'aime encore.
Quand dans la rue j'aperçois l'écharpe que tu portes l'hiver, qui me dit qu'il fait froid, que je porte la main à mon cou, que je n'ai pas d'écharpe, je t'aime encore davantage.
Je te téléphone et te laisse un message endormi qui dit que je t'aime.