Diégèse  jeudi 9 novembre 2000


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2000

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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
J'avais trop bu sans doute pour exténuer le désir que tu me donnes, que tu distilles message après message, voix après voix et tu me caresses et tu me parles et tu me caresses encore et je ne sais plus rien d'autre que le désir de te voir, de t'embrasser enfin, en haut des escaliers, en regardant la ville.
Je t'aimais. Tu sais que je t'aimais et ta vie fait comme si tu n'en savais rien, comme si tu ne me disais plus que tu savais que je t'aimais encore.
C'est toujours la vie.
Qu'est-ce que tu dis de ce jour où tu devais m'emmener loin et où tu as disparu? Je ne sais plus parfois quel est ton nom, et si tu te rappelles le mien, ou seulement ces musiques qui chantent dans la tête lorsqu'on se rappelle les paysages.
Confronté à la violence, je ne trouve que le texte. Face à l'amour de toi, violent, qui ne me donne aucun mot, je ne trouve que l'amour de toi. La journée entière, j'ai pensé à toi dans la violence, à la mesure de ton refus et de tes trahisons. C'est une poussée amoureuse éruptive, qui danse devant mes yeux et qui se détache de toi, de moi, de ces souvenirs que j'oublie pourtant.
J'étais dans mon bureau quand tu as appelé. Il fallait que tu me voies tout de suite, c'était urgent, quelque chose à me dire. Tu partais en voyage, tu ne savais pas si tu reviendrais, tu voulais une photographie, un signe, un baiser peut-être, encore, quand même, pour toi.
J'avais déjà entendu les mêmes promesses et les mêmes menaces, à l'aube de tous tes voyages, de tes départs, de tes fuites. Mais je t'ai donné une photographie, un baiser peut-être.