Diégèse  vendredi 10 novembre 2000


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2000




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L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Dans le retard du matin, soudain, je n'arrive plus à me rappeler ton visage, ton corps encore moins. Je voudrais t'appeler, entendre ta voix pour imaginer mieux ta bouche qui sourit et qui dit que tu aimes m'entendre. 
Je n'ai pas appelé. Je ne saurai pas si tu es là ou pas, si tu veux m'entendre ou pas. Je ne saurai plus à quoi ressemble ton visage, ni tes yeux et tes mots de caresse et tes mots d'amour, juste avant le sommeil, comme une enfance plus violente.
La journée bleue ne nous a donné aucun répit. Il n'y aura plus jamais aucun répit entre nous, aucune déclaration de défaite ni de trouble. Il n'y aura plus rien et c'est déjà la mort que tu portes. 
Je ne saurai jamais de quoi il s'agit vraiment.
Tu n'en sauras rien.
Nous ne devions pas nous retrouver et quand nous nous sommes croisés devant ce vaste édifice rond et un peu disgracieux, la Bourse du commerce, nous nous sommes regardés peu de temps avant de décider d'aller dîner ensemble. Dans le restaurant trop chauffé, affairé par la nuit qui arrivait, les clients pressés, grognons, diserts et bruyants ne nous regardaient pas et nous aurions pu nous tenir la main sans attendrir et sans inquiéter.
Je suis rentré ensuite, avec un peu d'alcool, la tête prise dans l'étau du froid de l'hiver proche qui avait pris ses quartiers de nuit, assaillant mes tempes
Toute la nuit, dans ton absence, j'ai dormi doucement, prêt à me réveiller si la tristesse avait été trop grande, trop maladroite et sans l'espoir de soleil. Tu reverras l'été ?