Diégèse  samedi 11 novembre 2000


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2000

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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Dans la ville qui va faire la fête, qui va sortir d'elle-même puis s'enfermer pour manger, boire, fumer et certains vont danser et certains vont s'aimer, chercher à s'aimer et d'autres vont pleurer et se perdre, dans la ville, je file sur la bicyclette et je te porte des fleurs. La marchande les a mises dans du papier, vert à l'intérieur et kraft à l'extérieur. Le pourpre se marie avec l'orange doux des tulipes. Je t'apporte des fleurs et toutes les chansons disent qu'elles sont périssables. Je vais vite, conscient de l'effet de cet homme sur la bicyclette folle qui porte des fleurs et les passants se disent que je suis amoureux, et les passants se trompent et les passants se disent que je vais souffrir et je souffre.
Dans la ville endormie, je reviens ensuite dans le froid glacé, martelé de fatigue et distribuant les sourires comme un condamné.
De la pointe de la couverture, je vois le haut du miroir de l'armoire de la chambre, froide. Je n'ai pas mis de chauffage. Je baigne dans une atmosphère bleue. Je ne vais pas me lever tout de suite, je peux attraper quelques livres, j'ai un peu d'eau, je peux rejouer comme dans l'enfance au jeu du radeau. Dans mon lit, je ne pense plus à toi.
Puis le corps se réveille et doucement redevient tendre et sensuel et se souvient de toi.
Je me lève alors pour ne pas sentir ton absence.
Plus loin dans la journée, je reviens à mes draps, à leur fraîcheur retrouvée et je m'abandonne. Je pourrais pleurer là sous les draps de lit, je pourrais gémir d'amour et pleurer encore, mais c'est le sommeil qui vient et qui repose mes traits et qui repose ma voix, mes yeux, qui me repose de toi et de tes mots qui vont et viennent sans jamais dire que tu m'aimes.