Diégèse  mardi 14 novembre 2000


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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Il y avait cette curieuse impression de déjeuner avec Barthes, de déjeuner avec un vieil homme cultivé, de déjeuner avec un homme cultivé et pourtant c'est toujours déjeuner sans toi.
Puis il y a eu le dîner, la soupe servie presque froide, car j'étais en retard. J'avais essayé de t'appeler, dix fois, en vain, dix fois le téléphone qui s'occupe, qui se perd en sonneries brèves que je sais être trop longues pour mon amour.
Dans le froid de la nuit, sortant de l'Assemblée, je revois les rues qui me conduisent loin de toi, de ta voix et de tes yeux.
Dans la rue qui mène chez moi, je ne vois que ma solitude sage, je ne vois que toi qui me manques et tes yeux encore comme si leur image recouvrait encore la ville.
Je ne suis pas rentré chez moi ce soir, cette nuit, j'ai d'abord essayé le froid jusqu'à ce que je sois certain que le froid m'allait bien. Alors j'ai décidé de porter le froid, de me faire ce manteau d'hiver que je voulais depuis longtemps, de me parer de ces frissons en cohortes qui descendent et qui montent sur mes joues et mes épaules.
Et pour compléter la panoplie, parce que tu sais que j'aime le froid, tu m'en donnes un peu encore, un cadeau de froid précieux, de celui dont on ne revient pas, du froid terrible et sans chaleur aucune.
J'ai entendu ta voix dans le téléphone que l'on m'a tendu. Tu me disais que ce n'était pas possible, que je ne pouvais pas t'entendre, que je ne pouvais pas te prendre toute cette chaleur et me plaindre du froid.
Je me suis dit que je m'en moquais bien.