Diégèse  jeudi 16 novembre 2000


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2000

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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Alors, il fallait encore se presser, dire que l'hiver venait, qu'il y avait encore un petit mois à attendre, un grand mois de froid et de pluiesAlors il fallait se presser malgré tout, et surtout malgré le froid qui retient dans les lits, sous les draps et les couvertures de l'enfance, dans le froid de la vie qui commence ou qui finit. On ne sait jamais très bien.
Ce soir, au Batofar, dans l'espace qui tangue de tant de gens et de tant d'espoirs, dans tes yeux qui rencontrent mes yeux et dans le corps qui se donne au corps, ensuite, dans les draps qui ne sont plus froids, qui apprennent ton parfum encore, qui vont se souvenir de toi.
La nuit noire devient bleue. Tous les mots s'épuisent à ta beauté.
Quand je ne pourrai plus te dire mon amour, viendras-tu ?
J'ai traversé la ville dans le nouveau métro sans chauffeur, jusqu'à la bibliothèque pour descendre jusqu'au Batofar. Je t'ai parlé au téléphone pendant presque tout le voyage, car c'est possible. Les temps changent. C'était, je le sais, une de nos dernières conversations. Elle a sombré dans la violence alors que j'arrivais sur le quai, que j'allais me mettre au chaud dans les coursives recouvertes, dans la cale presque, caché derrière les piliers rouges avec les rivets. 
Je suis rentré ensuite, tard dans la nuit, avec le dernier métro dont les décorations bleues tranchaient avec le rouge du bateau, et je ne pouvais pas prendre d'images. 
Dans la nuit du sommeil, je ne sais pas si ton image désormais interdite est revenue. Je me réveillerai sourd à toi.