Diégèse  dimanche 26 novembre 2000


ce travail est commencé depuis 331 jours et son auteur est en vie depuis 14784 jours (26 x 3 x 7 x 11 jours)
2000

ce qui représente 2,2389% de la vie de l'auteur

hier  
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Dans le ciel du dimanche qui perd ses couleurs, je pars tôt pour ne pas te rejoindre. Je pars sans espoir de te rejoindre jamais, ignorant même que tu puisses encore exister. Arrivé à l'aéroport, je doute un instant de la vérité de ce voyage. Et si je perdais pied, et si j'imaginais tous ces avions, tous ces billets, ces bagages transportés sur la planète à ta recherche insensée. Quand l'avion décolle enfin, que j'ai l'impression, collé au siège, qu'il est presque vertical, qu'il ne saurait maintenant tomber, qu'il ne ferait pas cela, pas comme toi, en pleine ascension. Je pense à toi, je pense à toi, je pense à ce sourire que tu ne donneras pas quand je te reverrai, je pense au Caire qui nous regardera nous ignorer encore, nous astreindre à cette ignorance de notre amour passé. Je pense à toi tout ce voyage égyptien, sans espoir et sans retour. J'ai passé toute la journée à attendre que ton visage buté apparaisse sur une de ces vieilles cassettes que j'ai retrouvées au fond de mon armoire et qui prennent maintenant cette saveur immense de ce qui aurait pu être toujours perdu.
Je regarde des heures et des heures d'images sans intérêt, me perdant et te perdant avec moi dans des paysages ineptes, des scènes qui ne marquent que ton absence.

À la fin de la journée, quand il est trop tard pour que tu puisses encore m'appeler, te rappeler à moi, tu passes brièvement devant l'écran de la télévision et tu regardes ailleurs et tu ne me regardes pas.
Je pense longtemps à cette image brune qui n'existe plus que pour moi, qui a pris tant de ma vie, qui me donne encore tant de tristesse, comme si je t'aimais encore.