Diégèse  lundi 27 novembre 2000


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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je ne me rappelle pas avoir perdu autant de temps à essayer de me rappeler le visage de quelqu'un. Son nom, oui. Son amitié aussi, la sagesse de son amour et la douceur de ses caresses. Tu n'es pas là. Je pars le matin et je sais que tu n'es pas là. Je reviens le soir avec l'absence qui ma été donnée et qui pèse dans les poches du manteau, qui pèse sur mes yeux et mes yeux se cernent.
Tout à l'heure, le téléphone a sonné et je ne voulais pas répondre. C'était toi, c'était toi qui ne savais jamais rien d'autre que téléphoner. Tu me racontes je ne sais quelle histoire de rêve, que le Caire t'ennuie, que tu reviendras bientôt. Tu oublies même ce voyage imbécile où je suis à peine sorti de l'aéroport du Caire pour ne pas t'entendre me dire que tu ne m'aimais plus. La ville parisienne bruisse autour de moi. Il pleut. Je suis bien.
J'ai retrouvé ton image enfin et je peux donc, sans plus voyager, sans insomnie des nuits entières, rappeler ton souvenir en moi, te caresser, t'embrasser presque comme cette nuit douce, cette nuit sans espoir
Je voulais prendre le train en sortant du bureau pour voir où tu travailles maintenant, ce que tu fais, ce que tu dis, ce que tu racontes et penser dans quels décors, sans doute, parfois, pas très souvent, tu m'évoques et tu me dis que j'existe malgré tout. Mais la destination était floue. Je ne savais plus bien quelle gare il fallait que j'atteigne, pour toi, pour que tu saches que je t'aime.
Je suis rentré sous la pluie douce, me laissant mouiller et aimant la pluie douce. Étendu, je regarde les étoiles brouillées et je pourrais presque les brouiller davantage si je pouvais encore te pleurer, comme on pleurerait ta mort.