Diégèse  jeudi 30 novembre 2000



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2000




hier  
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je pars tard, je me lève tard, j'arrive tard et la journée entière se construit donc sur le désir de ne pas travailler.
Je suis allé déjeuner tranquillement seul vers le Palais royal pour voir ta surprise quand tu arriverais avec tes amis. Comme si je pouvais encore provoquer chez toi une surprise ou deux.
Dans le soir retrouvé, l'attente est terminée. Je retourne au Batofar dans cette ambiance de fête que le bateau connaît l'hiver, ses habitués se prenant au jeu de la chaleur et de la proximité. Dans le noir retrouvé avec le soir, je sens une main qui cherche la mienne. Je sais que ce n'est pas ta main, que ce ne peut pas être ta main et je ne sais même pas si je le regrette.
Je rentre seul ou je ne rentre pas seul. J'embrasse cette jolie bouche ou je ne l'embrasse pas. Je suis seul à connaître ce soir et ces aléas. Je suis seul.
Je te rencontre à la banque, curieuse rencontre, mais c'est une banque de voyageurs et tu voyages. Nous faisons semblant de ne pas nous voir, de ne pas nous connaître. Nous ne nous sommes rien dit. Il a suffi de ce raidissement de toi et de moi quand nous nous sommes aperçus et nous avons su instantanément que nous ne parlerions pas, que nous jouerions désormais à ce jeu là.
Je suis reparti un peu tremblant dans la rue qui redescend vers la Seine. Personne n'a rien vu et surtout pas Js. qui m'accompagnait.
Plus tard le soir, quand je suis rentré encore seul dans l'appartement, un message m'attendait dans la boîte aux lettres. Tu me disais que tu m'avais à peine vu.
Je pense à toi alors, sans espoir supplémentaire d'oubli de toi. Je vais dormir avec toi dans les étoiles, sans espoir supplémentaire de ne plus t'aimer.