Diégèse  dimanche premier octobre 2000


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2000

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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
C'est le dimanche et ce n'est pas la fête. Ce n'est la fête de personne. Juste après le réveil, j'ai regardé mon horoscope et j'ai su, dès lors, que les pneus de la bicyclette, remisée dans la cour de l'immeuble, allaient être crevés et que je ne pourrai pas aller me promener avec G. de l'autre coté du canal. Et puis il y avait cette attente douloureuse de ce rendez-vous de l'après-midi, entre le travail et le travail, entre le loisir et le travail.
Et puis, juste après avoir quitté Montparnasse et avoir repris le métro, j'ai rencontré ce regard doux et triste, qui me disait que c'était bien l'automne et que les filles allaient de nouveau se lover dans de grandes écharpes de mohair et que les garçons les regarderaient en espérant un jour pouvoir reconnaître, des années après, leur parfum. Je me rappelle le tien, encore.
Tu avais promis de venir. Quand j'ai entendu ton pas dans la cour, mon cœur a battu plus rapidement car je n'espérais pas vraiment que tu tiennes ta promesse. Nous sommes sortis et la soirée a ainsi prolongé la longue promenade dans les bois, le soleil changeant, la verdure menaçante de brun, de jaune et de vent.
Au loin, je peux entendre le bruit de la mitraille, là-bas, comme quand tu étais dans cette enfance orientale, à Hama, et que tu pleurais comme je pleure.
J'ai envie de crier le soir, ce calme, ces divertissements dans les rues de Paris alors que la guerre continue de tuer des enfants, comme elle a tué l'enfant que tu étais.
Je ne suis pas fier de ce monde ce soir.
Je ne suis pas fier.