Diégèse  lundi 2 octobre 2000


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2000




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L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je quitte la pluie de Paris pour le mistral de Nice puis de Cannes. La dernière fois que j'y suis venu, tu te rappelles, c'était avec l'espoir de la prédiction et j'ai attendu qu'elle se réalise et elle s'est réalisée. La dernière fois, c'était l'avenir, les cœurs qui battent, les longues conversations qui racontent la vie passée et la vie à venir, les corps qui se découvrent et qui s'embrassent même en dormant.
Aujourd'hui, ce n'est plus rien. C'est l'agacement et la lassitude qui prennent toujours le dessus. Ce n'est plus l'attente, ce n'est plus la tendresse.
Je vais rester dans le silence un peu, loin de toi, à jamais.
Je vais te faire cet ultime cadeau.
Tu vas l'accepter.
Quand on arrive à Nice, on est toujours surpris que l'avion parvienne à trouver une piste pour atterrir. C'est l'autoroute encore, mais cette fois, ce n'est pas dans l'autocar doucement lent que j'arrive mais après une course en convoi, gyrophares et motards, comme un grand. 
Avant Cannes, il y a l'idée de Cannes, l'idée d'un salon avec des gens qui travaillent et des fêtes qui dansent et qui chantent.
Ce soir, je suis seul. Je ne suis pas dans l'hôtel où j'ai rencontré ton fantôme, mais j'y ai dîné
Pourquoi m'as tu laissé venir seul dans cet hôtel et dans cette ville ? Il n'y a plus aucun espoir d'amour, aucun espoir de tendresse.
Je me rappelle bien les premiers moments passés, et déjà, tu écrivais toute notre histoire défaite. Je ne me rappelle plus rien que ton sourire.