Diégèse  mercredi 4 octobre 2000


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2000




hier  
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
C'est le jour des enfants. Je ne vais pas à l'école. J'irai au catéchisme cet après-midi. J'irai m'asseoir chez cette dame qui habite sur le plateau et qui va nous faire colorier sans vraiment y croire des albums où l'on voit Jésus et ses apôtres dans le désert de Palestine. Je vais dessiner des cartes qui retracent en Judée les marches incessantes du Prophète et apprendre par cœur la géographie de la Terre sainte.
C'est dans ces après-midi-là, dans un appartement que je ne me remémore que difficilement, que j'ai commencé, moi aussi, comme l'écrivain, à marcher sur la terre et derrière les pas du Très doux. 
Je suis allé travailler, je ne suis pas allé au catéchisme mais je me suis fait la promesse de remettre près de mon lit des Évangiles, pour marcher encore un peu.
Je suis resté avec toi le plus longtemps possible. Je m'en vaisJ'ai commencé un voyage où tu ne peux pas me suivre. Tu vas rejoindre ainsi la mémoire et le souvenir. Un jour, je te rencontrerai par hasard et l'espace d'un instant, les yeux se reconnaîtront et se joueront du temps et puis le gris reviendra. Il n'y a ni pleurs ni cris, seule la contestation d'un lien, seule l'impatience de la vie, l'impossibilité d'inventer, d'imaginer et puis il y a cette crainte du temps à venir, mais tout le temps est à venir.
Je traverse le soir de la ville, écouteurs bleus vissés sur les oreilles, rassemblant les sons et la voix de paroles d'amour et je savoure la douceur de l'automne retrouvé et la tranquillité d'une solitude. Le cou enfoui dans l'écharpe des automnes depuis plusieurs années.