Diégèse  vendredi 6 octobre 2000


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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
J. m'a invité à aller à une fête près de chez moi, dans une cour, et pour lui faire plaisir, bien que je n'eusse pas envie d'autre chose que d'une promenade solitaire dans la ville pour prendre des mots et des images, je l'ai accompagnée.
Il y avait là tout ce que la ville peut fournir de spécimens de jeunes gens intelligents et assez satisfaits, comme ces films de la nouvelle génération qui viennent remplacer les vieux Rohmer qui ont pourtant bien vieilli.
Je n'attendais plus rien quand tu as décidé d'arriver et l'alcool m'a dit de te parler et de te parler encore. Et puis il y a eu les danses et les corps qui ne se connaissent pas encore. J'étais à côté de chez moi. L'invitation était facile. Je suis pourtant rentré.
Au soleil, à midi, un béret vissé sur la tête et des lunettes de soleil noires et grises, je me gave de viande crue, comme si je sortais d'une longue période d'abstinence, d'anorexie de la vie. Je regarde les yeux de mes voisins et m'applique à les faire rire. Je sens mon corps autour de moi, le dos droit, la poitrine respire doucement.
Est-ce que tu sais ce qui se passe dans la tête de ceux qui fument dans le café derrière la vitre ?
Le soir doux est arrivé et je suis rentré en pensant aux rideaux de cretonne verts qui décorent la fenêtre de ta cuisine, celle, et la seule, que l'on puisse apercevoir lorsqu'on vient, la nuit, du boulevard.
Dans le matin qui pointe, je reconnais l'automne. La lumière est aleppine. Je suis heureux de cet automne de lait. Je suis heureux.