Diégèse  samedi 7 octobre 2000


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2000

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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Dès le matin, ce sont des chants de guerre que j'entends et qui me sonnent dans la tête comme des appels au crime et je tremble. Je ne sais pas comment la haine est venue mais elle est là, dégradante, putréfaction de l'amour, de la tendresse que j'avais pour toi, de la douceur de ton corps à laquelle je suis maintenant allergique.
J'ai déjeuné dans ce restaurant que tu ne connais pas pour faire des plans de prise, de combats et d'engagements. Toute la ville marque le pouvoir et exténue le sexe.
Dans le soir, je marche dans la ville revenue à elle-même, fatiguée d'avoir bougé tout le jour dans l'énervement des magasins, la ville émue de reconnaître la nuit. Je prends des images et je ne pense plus à toi pour pouvoir dormir.
Toute la journée la pluie. Toute la journée le ciel bas pèse sur les fenêtres du toit et veut entrer avec sa mélancolie tendre. Je peux bien imaginer tes rires et tes sourires, tes amis qui te disent que la vie est belle, qu'ils sont beaux et qui érigent devant toi des modèles tout faits, que tu ne pourras jamais rejoindre. 
Je regarde dans la glace mon visage qui semble toujours si fatigué maintenant et laisse le soir obscurcir les pièces et la chambre. Je vais aller m'étendre dans ce premier froid de l'automne, me réchauffer aux images d'été de la mémoire. Est-ce que tu sauras jamais combien je t'aime, combien il m'importe de te savoir en vie. Je vais mettre toute ton absence sur les rangs de la mémoire et passer en revue tous ces instants tristes et douillets.