Diégèse  dimanche 8 octobre 2000


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2000

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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Le matin, le ciel faisait toujours des siennes, pesant tout autant sur les fenêtres, poignant dans sa sollicitude, voulant tellement entrer, craquelant les murs de l'appartement si frêle.
Je me rappelle cet endroit de la rue Iskanderoun, ce vieux restaurant turc où nous allions parfois nous regarder dans les miroirs en biseau tout en buvant de l'alcool blanc. J'ai retrouvé les mêmes miroirs dans un bar de la rue Montorgueil. Tu ne le connaîtras jamais et les miroirs ne reflètent que l'absence d'amour.
Dans la promenade de l'après-midi, sous les feuillages mouillés et acides, G. me raconte sa vie. Je l'écoute d'une oreille, regardant les enfants que nous croisons, qui ne redoutent rien d'autre encore que la mort de leurs parents et qui jouent parfois à disparaître un instant.
Le soleil s'est montré et j'ai pu sortir sur la terrasse. C'est la première journée que je passe avec toi dans cet appartement perché au dessus du parc Montsouris. C'est un nom amusant "Montsouris", qui confirme en blague ton goût prononcé pour l'informatique. Je ne savais pas que tu pouvais prendre autant de place. Tu étales autour de toi les éléments de ta vie qui, en ce dimanche pluvieux, te semblent soudain indispensables, quelques photos, les livres où tu puises des phrases définitives que tu m'assènes pour donner preuve à tes dires et à tes pensées. Tu prends aussi quelques fruits que tu croques à intervalles réguliers. Tu les mets à côté des télécommandes de la musique et de la télévision. Je vis ainsi toute une journée recluse entre le ciel et le bitume de cet arrondissement lointain, avec toi que je ne connaissais pas hier.