Diégèse  lundi 9 octobre 2000


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2000

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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Tu ne sais pas si tu me verras aujourd'hui et je pense dès le matin à tes jambes. Je devrais imaginer tes yeux, ton cou et tes lèvres mais c'est à tes jambes que je pense et j'ai envie de te suivre pour en mesurer encore le galbe. 
Toute la journée, dans le sombre du bureau empoussiéré de paperasse, j'ai pensé à toi, sentant parfois jusqu'à ton souffle sur ma nuque, un baiser déposé à la naissance des cheveux.
Je vais partir demain et j'ai remarqué que toutes les rencontres nouvelles mènent à toutes les séparations. Il paraît que l'on se connaissait depuis longtemps. Nous avons mesuré nos vies à l'aune de cet amour naissant et nous nous sommes aimés.
Je ne te connaissais pas pourtant.
Dans le milieu de la journée, la pluie a obscurci la fenêtre du bureau et n'a plus cessé. J'ai laissé les heures marquer une à une les ombres sur les papiers que je manipule. Je suis malgré tout venu à bicyclette te voir et t'apporter ce livre que tu m'as demandé. Pourquoi a-t-il fallu que je te parle de Belle du Seigneur, de ces descriptions enjouées de la vieille Société des Nations, comme si tu avais habité Genève, comme si tu avais promis de ne pas traverser, l'air absent, des cocktails mondains et gris. Quand je suis arrivé, j'ai pu mesurer une nouvelle fois combien il était impossible de compter sur toi. Tu n'étais pas là, même pas pour me prendre le livre des mains sans un mot.
Tu devrais apprendre l'amour, on a fait beaucoup de progrès depuis que tu as étudié la question. Tu devrais essayer davantage.