Diégèse  samedi 14 octobre 2000


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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Toute la journée s'est tendue à l'attente du dîner que je devais avoir ce soir. Je n'avais pas pensé que tu viendrais avec D. et que la soirée se passerait à dénigrer le repas que j'avais préparé, par touches successives que la méchanceté partageait avec le désir. Après le départ de D. qui feignait de se demander pourquoi je restais silencieux et qui s'étonnait que je ne proteste pas à l'annonce de son départ soudain, nous sommes restés ensemble dans le salon presque obscur. J'entendais ta voix assourdie par toutes ces cigarettes, je pouvais presque percevoir ton cœur qui battait vite et fort, comme s'il pouvait encore se passer quelque chose entre nous. 
Je ne me suis pas approché, j'ai laissé le silence de la nuit marquer les points de notre gêne et j'ai feint d'ignorer encore une fois le désir.
Je me suis réveillé tard, avec l'envie d'aller faire voler mon cerf volant dans le bois de Vincennes. Il fallait que je répare d'abord le tendeur de caoutchouc noir qui permet au tissu de se tendre et de porter doucement l'appareil de toile que l'on peut alors diriger. Dans la boutique de l'avenue Ledru-Rollin, deux frères achetaient avec minutie toutes les pièces d'un appareil immense qui aurait pu les emporter loin et qui faisait déjà briller leurs yeux. J'attendais sans presse dans la boutique, heureux de ce moment de vent avant le vent. Après la réparation, je suis parti à bicyclette, le cerf-volant attaché près de moi et je suis resté jusqu'à la nuit, presque, regardant les évolutions des autres, perfectionnant les miennes, prenant des conseils et des avis et rêvant les yeux pleins du gris du ciel. Je t'oublie avec application.