Diégèse  dimanche 15 octobre 2000


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2000




hier  
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Dès le matin, j'ai reconnu la pluie sur les tôles du toit et j'ai su que je penserais à toi. Tu étais dans la musique que j'écoutais, dans les livres sur l'étagère, dans les plis de mes draps que je ne parvenais pas à quitter pour le reste de l'appartement trop froid, pris dans l'attente de l'hiver.
Tu m'as appelé pour me dire que tu déjeunerais en banlieue et je me suis rappelé ce jour où j'avais suivi le train des yeux jusqu'aux pleurs comme on le fait assez habituellement dans toutes les histoires d'amour mais toutes les chansons ne disent pas que longtemps après la fin de l'histoire, les émotions viennent se cacher dans les conversations banales et l'évocation du nom d'une ville déporte vers un quai, un cou embrassé, un parfum que l'on a tant aimé.
Je ne pouvais pas imaginer que je te rencontrerais aujourd'hui sur le marché de la rue d'Aligre. Je te croyais en Égypte, au bord du Nil poussiéreux, à espérer que le temps passe moins vite, à imaginer que Cléopâtre te soufflerait l'esprit de la passion. Je t'imaginais ailleurs et tu étais là, sur le marché d'Aligre, de retour pour quelques jours, juste le temps de passer, quelques vacances, rien, rien qui vaille la peine de le dire
L'après-midi, j'ai décidé de t'inviter dans ce café de la Bastille où nous nous étions vus une première fois il y a très longtemps, plusieurs années peut-être. C'était avant le temps des adultes et des choses sérieuses, avant le temps du bonheur autorisé et contrôlé.
Tu repars demain, me dis-tu et il n'est pas question que je t'accompagne.