Diégèse  jeudi 19 octobre 2000


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2000




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L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Quand tu voudras me voir, tu devras maintenant me téléphoner ou m'écrire et me dire que tu veux me voir, que tu en as envie, que tu vas briser le cours du temps, de l'absence et de l'éloignement pour passer un peu de temps avec moi et parfois me caresser la main et me prendre par la taille quand nous regardons des vitrines.
Tu sais que je m'attache à ton sourire, aux fossettes qui l'encadrent et à tes dents qui disent qu'elles mordent et qu'elles mordent encore quand je les vois rire.
Tu ne m'as pas appelé cependant et je vais m'endormir seul. Tu auras retrouvé ta maison du Caire. Tu vas retrouver la nonchalance de cette domestique dont tu me parles souvent. Je vais t'imaginer marcher sur le carrelage encore chaud de l'été. Je vais encore dormir dans ton image.
Je ne sais pas ce que tu as fait de ta soirée. J'ai attendu en vain au coin de la rue que tu m'avais indiquée, scrutant chaque silhouette, me rappelant chaque parfum et le comparant pendant de longues minutes avec le tienJ'en déduisais toujours qu'il était plus sucré, qu'il n'y avait pas vraiment de comparaison. Je suis rentré et j'ai attendu un coup de téléphone. J'avais placé les trois appareils autour de moi, les regardant tour à tour, essayant d'imaginer l'émotion qu'une sonnerie aigrelette provoquerait sur moi et les battements de mon cœur.
Mais tu ne reviendras pas d'Égypte aujourd'hui. Tu ne m'apporteras pas de sucreries poudrées. Ce n'était qu'une plaisanterie, ce retour pour moi, ces amours contrariées.
Quand tu verras le soleil, tu penseras à ces attentes que tu me donnes et que tu me laisses.