Diégèse  vendredi 20 octobre 2000


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2000




hier  
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je suis allé déjeuner à côté de chez toi, dans le restaurant douillet que tu m'avais montré un soir. Dans les méandres de la conversation, je regardais la table que nous occupions. Elle restait sans convives, comme notre amour est aujourd'hui sans objet.
Je suis rentré dans les rues de Paris, regardant dans les brumes du vin que j'avais bu les monuments danser sur des airs que je ne connaissais pas toujours.
La fin de la semaine marquait la fin de la fatigue, le début d'un repos que j'aurais voulu sans suite. Je voudrais mettre des vêtements confortables, des pulls qui auraient mon odeur et partir dans une voiture chauffée et silencieuse sur des routes connues vers des maisons au goût de tendresse. Je vais partir me coucher dans la tendresse que me donne la vie.
Est-ce que tu connais le trouble que je ressens quand tu me prends par la main pour descendre les escaliers aux marches hautes qui partent devant la gare ? Est-ce que tu sais que ce tremblement-là que ton bras contient et que ma main amplifie ensuite comme par jeu me donne tous les bonheurs du monde. Je regarde tes yeux et tes sourcils dont le gauche redresse la surprise et l'étonnement. Tu as quitté la salle de restaurant un instant et je griffonne sur un papier que je ne dois pas oublier le rouge de tes lèvres. Je marque sur un papier que je ne dois pas manquer ta bouche qui s'ouvre et se referme et qui parle et me dit les choses que je n'entendrai plus.
Dans la pluie de l'automne, sur la bicyclette qui raccourcit les jours, dans le soir, je m'essouffle à poursuivre notre amour qui se termine là, posé, sans rien dire.