Diégèse  samedi 21 octobre 2000


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2000




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L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je me suis réveillé en pensant que le téléphone avait sonné, que je pouvais te parler, que je pouvais te dire que tu me manquais terriblement. Sur la table du salon, j'ai trouvé quelques mots que tu avais laissés, comme on laisse des consignes à un malade qui s'est enfin endormi et que l'on ne veut pas réveiller, pour qu'il trouve trace, ensuite, de cette attention, de ce souci qui s'émeut.
Je me rappelle des villages entiers que nous traversions avec le fou rire. Je me rappelle les jours de pluie quand tu venais de loin juste pour me prendre un peu dans tes bras et nous nous blottissions.
Tous les souvenirs des jours, que je pleure parfois dans mes rêves, ne sont plus rien puisque tes mots les oublient
Dans la nuit, avant que tu ne sortes, j'ai refermé les yeux.
Je sais que je me suis réveillé trop tard pour toi. Tu étais déjà parti vers quelque service à rendre, quelque course douce au creux de lits inconnus, quelques marches commencées à la fin de la nuit et qui durent jusqu'au point du jour. Je voulais te parler, te dire que je ne pouvais accepter les mots que tu me donnes en pâture, comme on se moque ou comme on rassure avant de frapper enfin.
J'ai marché un peu moi aussi et plus j'avançais, plus le ciel s'abaissait sur la ville. À seize heures, il faisait déjà nuit et je ne pouvais plus que m'étendre là où je me trouvais et attendre que les ambulances m'emportent. Je n'en ai rien fait, j'ai continué à sourire, j'ai pensé à tes yeux qui parfois me caressent encore, j'ai pensé à ta bouche qui me dit aussi des mots et de la tendresse et j'ai aimé que tu sois là, jusque dans mon souvenir.